La Baie d’Authie, frontière littorale entre le Pas-de-Calais et la Somme, est un estuaire de type picard. Elle est constituée d’une rive en accrétion (le poulier, rive sud) et d’une rive opposée présentant des tronçons en forte érosion (le musoir, rive nord).

Entre 1258 et 1862, au fur et à mesure de l’accrétion du Poulier (rive sud), l’homme a construit des digues (localement appelées « renclôtures ») pour gagner progressivement des terres cultivables sur les prés-salés. A l’opposée, la rive nord a connu (et continue de connaitre) une forte érosion, particulièrement marquée et visible à l’anse des sternes, au massif dunaire entre le bois des sapins et le bec du perroquet. La surface de schorre (ou prés-salés), quant à elle, progresse par un lent phénomène de comblement de la baie.

Chiffres clés

Superficie : 1200 ha
Superficie protégée : 237 ha
Nombre de visiteurs / an : 450 000

Sur la rive nord, l’érosion du cordon dunaire fait craindre une possible brèche qui menacerait de submersion les terres basses situées à l’arrière (cf : Plan de Prévention des Risques Littoraux). Cette érosion résulte de la combinaison de différents facteurs : l’évolution naturelle du système poulier/musoir sous l’effet de l’action des vagues et du vent, la divagation du lit majeur de l’Authie dans sa baie, et les différents ouvrages construits par les hommes au cours des derniers siècles. La mer et l’Authie modèlent en continu le trait de côte. Cet estuaire est inscrit dans une démarche PAPI (Programme d’Actions de Préventions des Inondations). Afin d’anticiper l’élévation du niveau de la mer liée au changement climatique, différents scenarios ont été étudiés favorisant l’adoption d’une gestion adaptative :

  • Cibler les aménagements indispensables à la sécurité des personnes et les localiser de façon efficace.
  • Reconnecter certains polders avec l’estuaire pour mieux accompagner l’évolution du trait de côte.
  • Concevoir les aménagements en prenant en compte leurs effets de façon globale afin que les protections instaurées à un endroit ne renforcent pas l’érosion ailleurs.

Projet adapto pour le site :

Ces échanges sédimentaires complexes proposent une grande variété de milieux naturels (dunes, polders, prés-salés, prairies bocagères, étangs, …). Cette complémentarité d’habitats offre une halte pour les oiseaux migrateurs et fait l’objet de nombreux usages.

Entre mise en sécurité des biens et des personnes, maintien des usages (chasse, agriculture, pêche), développement éco-touristique et préservation des espaces, un équilibre est à trouver collectivement.

Le Conservatoire du littoral participe à l’aménagement résilient de la baie. Il acquiert progressivement les terrains dont la topographie offre une protection naturelle complémentaire au système d’endiguement défini dans le PAPI. La stratégie est d’utiliser les dunes et marais comme zones tampons devant les ouvrages. En fond de baie, le repositionnement de digues restituera des zones d’expansion de crue maritime. Au niveau du bois des sapins, la création d’une digue en retrait protégera le territoire d’une submersion en cas de rupture de la dune. Toutefois, afin d’éviter la formation de cette brèche, le cordon dunaire, fixé par la plantation de sapins dans les années 1960, doit retrouver sa mobilité.

Le repositionnement de ces digues va impacter les usages actuels (agricoles, randonnées, …). À ce titre, des réunions ont lieu avec les acteurs locaux pour appréhender les conséquences des différentes options d’aménagement sur les activités économiques et trouver des solutions. Un projet de territoire est à co-construire autour de ces nouveaux ouvrages pour valoriser cette interface terre-mer.

Illustrés dans une approche paysagère, les acquisitions foncières du Conservatoire du littoral et les travaux des collectivités locales permettent d’envisager des boucles de cheminement autour de la baie. Au niveau de la Mollière (polder agricole créé en 1850 et acquis en 2002), le projet adapto prévoit d’accroître la qualité écologique de l’estuaire en concevant des zones de reposoir, de nidification et d’alimentation pour les oiseaux. Un schéma global d’accueil autour de la baie définira les travaux à entreprendre dans les années à venir pour développer l’éco-tourisme dans cet espace naturel préservé.

Chronique de site

  • 07 mai 2015 : Conseil scientifique, présentation de la démarche adapto et recommandations en matière de gestion des risques naturels en Baie d’Authie.
  • 30 septembre 2016 : Parcours avec les élus pour appréhender les aménagements réalisés et les projets autour de la Baie d’Authie – Approche paysagère pour mieux comprendre la nécessité d’un travail sur la baie dans son ensemble tant en front de mer qu’en arrière littoral.
  • Août 2018 : échange pour coordination des divers projets autour de la baie.
  • 10 octobre 2018 : COPIL PAPI BSA – présentation du projet Adapto aux acteurs locaux.
  • 28 novembre 2018 : Réunion sur le terrain avec le Préfet du Pas-de-Calais.
  • 21 décembre 2018 : Instauration d’un comité de suivi de la baie d’Authie rive Nord – DDTM (pilote), la CA2BM, DREAL Risques, DREAL Nature, Conservatoire du littoral.
  • 22 janvier 2019 : Parc Naturel Marin, imaginer une coordination entre les Aires Marines Educatives et le projet pédagogique adapto.
  • 06 mars 2019 : Retour d’expériences et visite terrain en Normandie (Communauté de Communes de Coutances Mer et Bocage).
  • 11 mars 2019 : Echanges sur le programme d’actions autour de la baie avec les acteurs locaux.
  • 14 mars 2019 : Cotech travaux urgences Baie d’Authie – DDTM (pilote), la CA2BM, DREAL Risques, DREAL Nature, Conservatoire du littoral.

La baie de Lancieux est un espace gagné progressivement par l’homme sur la mer (polder). Au fil des siècles, la construction successive de digues (digue des Moines, digue de la roche ou digue de Beaussais) et de canaux d’irrigation ont permis de développer l’agriculture.

Le paysage a ainsi été modelé en fonction des besoins alternant entre prés salés, maraîchage, prairies bocagères, vergers de pommiers, cultures céréalières ou prairies humides.

La maîtrise foncière du Conservatoire du littoral sur le polder a permis d’engager une conversion des terrains agricoles. En installant des prairies permanentes sans intrants, l’objectif est d’améliorer la qualité des eaux et de diminuer les enjeux économiques dans un secteur sensible.

La Baie de Lancieux a gardé un caractère sauvage avec des paysages naturels d’une grande diversité, tout en étant habitée et utilisée par les hommes.

Entre le XIIIe et le XVIe siècle, les moines bénédictins de l’Abbaye de Saint-Jacut ont édifié une digue, aujourd’hui appelée « Digue des Moines ». Elle a permis d’assécher le marais maritime permettant une utilisation agricole. Dans un second temps, la digue de la Roche (XVIIIe siècle) a marqué l’extension du polder jusqu’à ses limites actuelles. Le site des marais de Beaussais (polder de Ploubalay) séparé du polder de Lancieux par un cours d’eau, a été asséché par la construction d’une digue au début du XIXe siècle. Ces deux polders contigus constituent un ensemble cohérent au sein de la Baie de Lancieux.

La digue des Moines est l’élément patrimonial le plus ancien du site et représente un témoignage précieux de l’aménagement de l’interface terre-mer des siècles passés.

Projet Adapto pour le site :

Le réchauffement climatique et l’élévation du niveau de la mer entrainent des changements sur le littoral. Lors des grandes marées, la mer atteint aujourd’hui le sommet des digues et le dépasse parfois lors de tempêtes.

Depuis 2015, une réflexion est menée sur de nouvelles formes d’aménagement afin d’anticiper les effets de l’élévation du niveau de la mer. Une stratégie du recul des digues programmée dans le temps, restitue progressivement à la mer ce que l’homme lui a emprunté.
Accepter le caractère maritime de la baie, c’est transformer le regard des usagers pour accepter de redonner un peu de place à la mer et offrir de nouvelles zones à la promenade.

Laisser rentrer l’eau salée dans les marais rétro-littoraux, de façon maîtrisée, offre une nouvelle zone d’expansion pour la mer, absorbant une partie de son énergie lors des tempêtes et réduit le coût de création et d’entretien des ouvrages de protection. La baie présente les conditions favorables à cette gestion souple de la zone côtière. Plusieurs scénarii de reconnexion ont donc été évalué pour le polder de Lancieux :

  • L’arasement de la digue
  • La création de brèches
  • La mise en place d’une gestion hydraulique par écluse
  • Les submersions spontanées

Ainsi, sur la commune de Lancieux, cet espace de transition permet d’envisager un système de protection en rideaux successifs s’appuyant sur :

  • L’ancienne digue des Moines réhabilitée pour se promener ;
  • Une nouvelle digue de longueur limitée protégeant les biens et les personnes entre la digue aux moines et les zones urbanisées ;
  • L’intrusion de l’eau salée dans la zone restituée à la mer, créant un nouveau marais de prés salés dissipant l’énergie marine.

Il est ici envisagé de concilier enjeux patrimoniaux, environnementaux et usages des espaces naturels, à travers une stratégie d’accompagnement progressif du recul du trait de côte.

Zoom sur le site

Localisation : Côtes d’Armor (22)
Superficie : 111 ha
Zone d’intervention du Conservatoire : 48 ha
Année d’acquisition : 2018

Chronique de site

27 Juillet 2011 : Délibération du conseil de Lancieux prévoyant un système de défense en rideaux successifs : s’appuyer sur la digue des Moines et si besoin mettre en place une 3ème digue pour la protection du camping et des habitations.

2015 : Etude de danger – Diagnostic de l’état de santé de l’ouvrage et recommandations d’entretien. Définition de la zone vulnérable.

2016 : Rencontres avec les maires et élus intercommunaux :  crainte par rapport à l’accueil du projet par les habitants. Souhait d’une mise en valeur des apports du projet pour les habitants et également pour le tourisme. Prise de conscience de la problématique à venir sur le changement climatique sur lequel la Communauté de Communes va devoir travailler dans le cadre de la GEMAPI.

04 novembre 2016 : Présentation des résultats des études universitaires géomorphologiques et paysagères aux élus de la Côte d’Emeraude. Questionnement autour du financement du projet et de l’intérêt de mettre en place une action de reconnexion plutôt que de laisser faire la nature. Souhait de pouvoir associer aux différents scénarios, un chiffrage et une faisabilité technique et juridique.

15 novembre 2016 : Journée d’échanges entre les élus normands du val de Saire (site Licco) et les élus de la baie de Lancieux sur l’adaptation des territoires littoraux au changement climatique.

2017 : « Services écosystémiques d’un complexe Slikke-Schorre »+ « Biogéomorphologie et estimation du service d’atténuation du marais maritime de la Baie de Lancieux » (étude EPHE).

21 novembre 2016 : Réflexion avec la marie de Lancieux pour instaurer une DUP pour maîtriser le foncier, élément clé pour l’avancement du projet adapto.

06 novembre 2017 : COPIL pour la mise en place de la GEMAP.

11 juillet 2018 : Comité de gestion des sites du Tertre Corlieu et marais de Beaussais.

08 août 2018 : Echange avec le maire de Lancieux sur les acquisitions foncières et la gestion hydraulique du marais de Lancieux.

Novembre 2018 : Acquisition de la parcelle AH 238.

Contact :

Conservatoire du littoral – Délégation Bretagne
Port du Légué,
8, quai Gabriel-Péri – BP 60474
22194 Plérin Cedex
Tél. : 02 96 33 66 32 
bretagne@conservatoire-du-littoral.fr

Contact Adapto :
Tony DUROZIER
t.durozier@conservatoire-du-littoral.fr

Située sur la façade caribéenne de la Martinique, la baie de Fort-de-France est un territoire stratégique et dynamique, avec une dense urbanisation côtière.

Elle concentre environ 40% de la population martiniquaise ainsi que de grandes infrastructures commerciales et de transport, en particulier un port et un aéroport international, jouant ainsi un rôle central dans la vie économique, sociale et culturelle de l’île.

En plus d’un fort développement urbain, la baie de Fort-de-France présente d’importantes surfaces agricoles, notamment dédiées à la culture de la canne à sucre, mais également de vastes espaces naturels.

Cependant, en raison de sa faible élévation, une partie de ce territoire est aujourd’hui exposée à la submersion marine et les terres agricoles connaissent un phénomène de salinisation, mettant à mal le modèle agricole existant.

La mangrove de Fort-de-France, aussi appelée mangrove de Génipa, plus grande mangrove de Martinique, est un élément clé du territoire et joue un rôle crucial dans la protection des côtes et dans la préservation de la biodiversité, abritant ainsi plusieurs espèces végétales et animales endémiques de l’île, notamment plusieurs variétés de palétuviers et d’acajous.

La partie sud de la baie a été affectée au Conservatoire du Littoral en 2015 puis la partie nord en 2017.

Zoom sur le site

Localisation : Martinique

Type de site : Mangrove

Surface : 1 200 hectares

Particularité : La baie de Fort-de-France est un territoire riche en contrastes, alliant urbanisation, agriculture et enjeux environnementaux, tout en étant un point névralgique pour le développement économique de la Martinique.

Principaux enjeux : Les principaux enjeux du projet sur ce territoire concernent la mise en évidence des effets de la mangrove sur la submersion marine, sa valorisation ainsi que la sensibilisation des différents publics à l’intérêt que représente la préservation de cet écosystème précieux.

Faune et flore

Il est possible d’observer des espèces de palétuviers comme la Rhizophora mangle (palétuvier rouge), l’Avicennia germinans (palétuvier noir), la Laguncularia racemosa (palétuvier blanc) et le Conocarpus erectus (palétuvier gris). Des espèces végétales protégées : Oncidium ceboletta (orchidées), Ammania coccinea (Ammania écarlate), Zygia latifolia (Acacia Rivière). Deux espèces CITES (Convention sur le commerce international de faune et de flore sauvages menacées d’extinction : Swietenia macrophylla (Acajou du Honduras) et Swietenia mahagoni (Acajou des Antilles), ainsi que 153 espèces végétales d’arrière mangrove.

Partenaires locaux :

Le site de Grand Radeau / Brasinvert s’étend le long de la mer et en bordure du Petit Rhône, à l’ouest de la commune des Saintes-Maries-de-la-Mer. Inclus dans le Parc Naturel Régional de Camargue et dans la réserve de biosphère de Camargue, cet espace naturel remarquable est composé de paysages variés : rivages maritimes, cordons dunaires, pinèdes, marais salants et sansouïres (pré-salé). Il fait également partie du réseau européen Natura 2000.

En rive droite du Petit Rhône, Grand Radeau Brasinvert est coupé du cœur du village par l’embouchure du fleuve. Ce positionnement en fait un espace particulier où l’activité principale est l’élevage extensif de taureaux Camargue et la découverte à cheval Camargue du site. La chasse est pratiquée sur la parcelle communale, et l’ensemble du site fait l’objet d’une fréquentation touristique encadrée. D’autre part, le site est soumis à une érosion très importante : dans les années 1980, cela a conduit à la mise en place de plusieurs aménagements « en dur » le long de cette côte sableuse (épis, digues en enrochements), qui aujourd’hui se dégradent et subissent de plus en plus les assauts de la mer.

Zoom sur le site

Localisation : Département Bouches-du-Rhône

Type de site :  Estuaire, lagune méditerranéenne et cordon dunaire, marais

Surface : 450 Ha en propriété du Conservatoire du littoral et 600 Ha en propriété communale.

Particularité : Présence d’aménagements en dur (épis, digues en enrochements) qui se dégradent progressivement

Principaux enjeux : L’objectif du projet est d’accompagner au mieux l’évolution de la biodiversité, des activités et usages sur le site.

Principales actions : Étudier l’opportunité de mettre en place des solutions fondées sur la nature pour soutenir la filière agricole et anticiper son recul stratégique, mobiliser la population en travaillant sur la mémoire du lieu, les représentations qui y sont liées ainsi que sur la question du risque. Il s’agira également de créer un observatoire des dynamiques du site, liées aux problématiques d’érosion, de submersion, d’inondation, d’incursion marine et d’évolution de la présence du sel.

Faune et flore

Il est possible d’observer un cortège remarquable de macrophytes incluant l’Althénie filiforme (Althenia filiformis) et la Tolypelle saline (Tolypella salina). Le site accueille également des oiseaux nicheurs caractéristiques de Camargue : Oedicnème criard, Gravelot à collier interrompu, Fauvette à lunettes, Alouette des champs et Pipit rousseline. L’étang d’Icard est un site important pour l’hivernage de plusieurs espèces de canards et d’oies.

Partenaires locaux :

Jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, le bassin d’Arcachon est constitué d’importants prés salés, endigués alors par de grands propriétaires terriens privés dans un objectif productif.

Le Domaine de Certes et de Graveyron et l’Ile de Malprat, sites du Conservatoire du littoral dans le cœur du bassin d’Arcachon, sont sous influence plus ou moins directe du delta de la Leyre et offrent une fenêtre naturelle dans un secteur urbanisé. Ces trois sites étant fortement associés à l’identité du territoire, la population locale y est très attachée.

Pour le Domaine de Graveyron comme pour l’Ile de Malprat, les brèches constatées dans le système d’endiguement ont été laissées libres d’évolution. Les casiers hydrauliques envahis régulièrement par la mer ont changé de configuration en évoluant vers des surfaces de prés salés.
Après une vingtaine d’années, on constate que l’ouverture de la brèche de Graveyron s’est stabilisée à une largeur d’environ 20 mètres. Aux alentours de cette brèche, la digue s’est transformée en un bourrelet qui s’est abaissé et élargi mais qui ne s’est pas totalement effacé.
A l’intérieur du casier hydraulique, un pré salé s’est installé et s’est régulièrement exhaussé : cet espace contribue désormais à absorber l’énergie de la lame d’eau par ses caractéristiques de structure (surface, rugosité et absorption de la végétation de prés salés) et par son profil altimétrique.

Projet adapto pour le site

Bénéficiant de la gestion souple du trait de côte depuis 1996, le site du delta de la Leyre est un site avancé.

De nombreuses études accompagnent le secteur, notamment le programme de recherche pluridisciplinaire appliqué Liteau Barcasub de 2010 à 2013 qui a débouché sur la proposition de plusieurs scénarios d’évolution possibles pour les domaines endigués du Delta.

Adapto se saisira du retour d’expérience sur les secteurs partiellement reconnectés à la mer, qui bénéficient d’une quantité très importante de données recueillies lors des 15 dernières années.

Le projet adapto sur ce site pilote va principalement permettre de mettre en valeur ces données, pour les transmettre au public dans le cadre de la réalisation d’outils et de programme pédagogiques.

L’approche paysagère qui va être réalisée en coopération avec le Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et d’Environnement 33 sera un outil précieux. Tout comme l’analyse historique.

Chronique de site : le projet adapto

2017
11 octobre 2017
 : Les gestionnaires espagnols du projet européen de coopération franco-espagnol Txinbadia+ visitent le site du delta de la Leyre.

2018
2
018 : Campagne de suivi photographique dont les résultats seront comparés à ceux de 2007.

30 mai 2018 : Le projet adapto est présenté à la DREAL Aquitaine, au service Mer et Littoral de la DDTM33 en octobre, en Conseil de Rivages, et à l’Atelier Dynamiques Littoral du Ministère à Capbreton.

26 mars 2018 : Le projet adapto est présenté au comité de gestion réunissant les élus de la Gironde, le gestionnaire (Cd33) et le Conservatoire.

Octobre 2018 : Rencontres des Gardes du littoral aquitain sur le thème de l’adaptation au changement climatique, avec la participation d’Hervé Le Treut, Cyril Mallet de l’Observatoire de la côte Aquitaine, le Directeur du GIP littoral aquitaine, le Conservatoire botanique Sud Atlantique et le Caue 33. Présentation du projet adapto et du site pilote du Delta.

2019 
17 janvier 2019
 : Présentation du projet adapto au comité de gestion du Domaine de Certes et de Graveyron associant Cdl et CD33 en présence des élus du département.

07 février 2019 : Conférence à l’Aquaforum de l’Association Terre et Océan à Bègles (33), présentation par la délégation Aquitaine des actions de gestion souple du trait de côte et du projet adapto des sites pilotes en Aquitaine (Delta de la Leyre – Ile Nouvelle).

Contact :

Conservatoire du littoral – Délégation Provence-Alpes-Côte d’Azur
3, rue Marcel-Arnaud
13100 Aix-en-Provence
Tél. : 04 42 91 64 10
paca@conservatoire-du-littoral.fr

Dans la baie du Mont-Saint-Michel, entre le bec d’Andaine et la plage Pignochet de Saint-Jean-le-Thomas, le périmètre d’intervention dans le cadre du projet est constitué d’un massif de dunes d’une longueur de 5 kilomètres et du marais de la Claire Douve en arrière-plan sur les communes de Saint-Jean-le-Thomas, Dragey-Ronthon et Genêts et du domaine public maritime.

Depuis les années 1950, la mer a rongé plus de 350m des dunes bordant la plage sur la partie nord du massif dunaire, tandis que des secteurs du centre et du sud reçoivent des dépôts importants de sédiments. Cette configuration entre dunes et marais arrière-dunaire fait la particularité de ce site classé Natura 2000, zone ZNIEFF 1 (secteur de grand intérêt biologique ou écologique), et patrimoine mondial de l’UNESCO (partiellement).

Ce site accueille de nombreux usages, accrus en période estivale : activités balnéaires, agriculture dunaire et de marais, équitation sur le DPM, randonnée, etc, avec notamment le passage du sentier de grande randonnée 223 (GR 223). Celui-ci est menacé par la forte érosion sur certains points de son linéaire.

Depuis les années 1980, des parcelles font l’objet d’acquisitions par le Conservatoire du littoral, la gestion étant assurée par le SyMEL (Syndicat Mixte Espaces Littoraux de la Manche), notamment pour les travaux de gestion du site, les conventions d’usage avec les exploitants agricoles et la relation avec les acteurs locaux.

Zoom sur le site

Localisation : Département de la Manche

Type de site : Dunaire atlantique / marais

Surface : 328 hectares

Particularité : Surface caractérisée par une forte érosion côtière au nord et par un fort dépôt de sédiments au centre et au sud du massif dunaire, par dérive littorale

Principaux enjeux : Recul progressif des enjeux humains, avec notamment une réflexion sur la protection rétro-littorale des zones urbanisées en retrait de la dune actuellement menacée de brèche.

Faune et flore

Au niveau de la flore, on peut notamment observer la renoncule à feuille d’ophioglosse, le vulpin bulbeux, le scirpe des lacs, le silène à larges feuilles, etc…

Le site est aussi une zone de nidification pour des nombreux oiseaux tels que l’hirondelle de rivage, le phragmite des joncs, la locustelle tachetée ainsi que le râle d’eau. En proximité directe avec la baie du Mont-Saint-Michel, le marais joue un rôle important en hivernage et au cours des migrations prénuptiales notamment pour le canard siffleur, la sarcelle d’hiver, la barge à queue noire, la spatule blanche et le chevalier gambette.

La morphologie de l’estuaire de l’Orne de Caen à la mer a été considérablement modifiée suite à la création du canal en 1857. Le fleuve de l’Orne, après avoir traversé Caen, se dédouble en deux lignes tendues qui organisent le territoire. Ces deux fils d’eau, Orne et canal, compris entre deux plateaux agricoles et urbains, inspirent des paysages très variés qui évoluent à travers eux. Le profil ouest guidé par le canal, donne une vision portuaire et industrielle. A l’est, la rivière change au rythme des marées pour alimenter un patrimoine de nature : la baie de l’Orne.

L’endiguement de la rivière a induit la disparition du schorre sur la majeure partie du site. Les flancs de l’Orne ont été poldérisés jusqu’à son embouchure. La digue du marais de Cagny a été construite au XVIIIème siècle, transformant l’ancien méandre et ses prés-salés en prairies humides pâturées. Le polder des Terrains François résulte d’un endiguement récent (années 1960) sur un lais de mer. Ainsi, en aval du barrage de Montalivet (Caen), la zone d’expansion latérale des habitats et des crues maritimes n’est plus présente que sur environ 1/5ème du linéaire du fleuve.

En 2011, la digue du marais de Cagny a cédé, entrainant une inondation des zones basses. Lors des grandes marées, la mer dépasse occasionnellement le sommet de la digue obligeant à fermer périodiquement la piste cyclable aménagée sur la crête de l’ouvrage. Il convient de réfléchir à son devenir et plus largement aux terrains situés en arrière.

Aujourd’hui, les éléments de connaissance disponibles sur ce site montrent que le maintien en l’état de ces polders n’est pas l’unique façon d’appréhender l’avenir de ce territoire. En effet, le retour à une végétation de prés salés sur le secteur des Terrains François présente des intérêts économiques, de biodiversité et de paysage certains.

Sur les marais de Cagny, le programme LiCCo (Littoraux et Changements Côtiers), mené de 2011 à 2014 a ap­porté des éléments de compréhension de l’évolution de l’estuaire de l’Orne. Une réflexion commune a été menée avec l’ensemble des acteurs locaux sur ce que pourrait être le littoral de demain. L’adaptation de cet estuaire dans un contexte de réchauffement climatique et d’élévation du niveau de la mer s’appuie donc sur :

  • une vision à 2050 : l’essor d’un grand territoire estuarien, plus large, plus profond pour une plus grande résilience climatique ;
  • une trajectoire à 2025 : la mise en œuvre de projets concrets et localisés de décloisonnement latéral et de mobilité de la bande côtière

L’Orne, fortement chenalisée, manque d’espace d’expansion de crues : cela pose la question du décloisonnement des polders et marais attenants dans une perspective d’adaptation au changement climatique.

Projet Adapto pour le site :

Sur Sallenelles, la démarche consiste à définir avec les acteurs locaux les aménagements d’ouverture au public lors de la remise en eau des Terrains François.

Concernant le marais de Cagny, un processus de réflexion et de définition de projet est à engager, en premier lieu par les approches historiques et paysagères, puis par la définition de scénarios prospectifs. Dans un scénario d’élévation du niveau de la mer, d’érosion et de remontée des nappes phréatiques, la digue actuelle du marais de Cagny deviendrait obsolète et son action de pro­tection nulle. En s’appuyant sur cette analyse, le Conservatoire du littoral et le Conseil Départemental du Calvados, gestionnaire des espaces naturels, travaillent sur une alternative à la piste cyclable.

En cas de restauration du caractère maritime du marais, des promenades pédestres, cyclables et fluviales offrent alors de nouvelles ambiances de visites au public. Partant de la Maison de la Nature et de l’Estuaire, ces cheminements participent au maintien de son attractivité au cœur de la baie. En parallèle, une concertation est à mener avec Normandie Cabourg Pays d’Auge, la Chambre d’Agriculture, la Safer, le Conservatoire du littoral et les agriculteurs locaux pour planifier l’évolution progressive de leurs outils de travail dans les années à venir pour ce scénario.

Zoom sur le site

Localisation : Calvados (64)
Superficie : 350 ha
Zone d’intervention du Conservatoire : 813 ha
Année d’acquisition : 2018
Superficie 230 ha acquis, 120 ha affectés : 43% de la zone d’intervention

Étude Esquisse à 2050 : Télécharger le fichier

De plus, intégrer le changement climatique oblige à voir plus large que la simple embouchure de l’estuaire de l’Orne (zone d’intervention du Conservatoire du littoral). Redonner un caractère maritime à l’Orne nécessite une stratégie réfléchie à l’échelle de l’Orne et donc de Caen jusqu’à la mer. Envisager l’adaptation à travers différentes étapes d’ici 2050 sollicite l’intervention de divers acteurs :

  • Le Département du Calvados (voie verte, espaces naturels sensibles, …), le CPIE
  • La Ville de Caen, la Communauté Urbaine Caen la Mer, la Communauté de Communes Normandie Cabourg Pays d’Auge et les communes situées à l’aval de l’estuaire (GEMAPI, Documents d’urbanisme, aménagement urbain de la presqu’île…)
  • Ports de Normandie (schéma directeur d’aménagement portuaire)
  • Les services de l’Etat (Plan de Prévention des Risques).

Le site de l’Estuaire de Loire comporte une dimension singulière : s’étendant sur plus de 5 500 hectares, il est caractérisé par un riche réseau de zones humides dont une partie est utilisée par l’agriculture – essentiellement l’élevage. Sur ce site, 4 secteurs font ou feront l’objet de la démarche Adapto+ Estuaire de la Loire.  

Corsept, secteur situé le plus à l’Ouest sur la rive Sud de l’estuaire entre les communes de Paimboeuf et Saint-Brévin. Il a fait l’objet d’un ensemble d’actions déployées entre 2022 et 2024 dans le cadre du projet Adapto Estuaire Corsept. Etudiant les évolutions attendues de l’interface terre-mer, la démarche a permis de mettre en avant les pistes d’adaptation à l’élévation du niveau marin de ces espaces comprenant prairies de fauches, cheminement et bâtis tout proche.

Lavau-sur-Loire fait partie des trois nouveaux secteurs intégrés dans le projet Life Adapto+. Ce site d’environ 2 700 hectares regroupant les anciennes îles du Nord Loire et se situe à 19 km à de Saint-Nazaire et à 33 km de Nantes. Puis, à l’Est se situe Massereau-Migron, avec les anciennes îles du Sud Loire, ainsi que la Percée de Buzay, regroupent 2 200 hectares supplémentaires. Ces sites sont, en partie, inscrits auprès du réseau européen de sites Natura 2000. Ces trois nouveaux sites sur lesquels on peut déjà percevoir des changements (végétations, paysages, usages qui se modifient) feront donc l’objet de nouvelles interrogations dans le cadre du LIFE Adapto+.

Zoom sur le site

Localisation : Département de la Loire-Atlantique

Type de site : Estuaire

Surface : Plus de 5 500 hectares

Particularité : Site regroupé en quatre différents secteurs dans l’arrière-pays nazairien

Principaux enjeux : Gestion et entretien des cours d’eau, restauration écologique et réorganisation des zones d’habitation et d’activités agricoles.

Faune et flore

Il est possible d’observer des nombreuses espèces sur ces quatre sites, telles que la Loutre d’Europe, la Rosalie des Alpes, le Lucane cerf-volant, le Triton crêté, la Lamproie Marine et de rivières, la Grande alose, l’Anguille d’Europe, plusieurs espèces de chauve-souris comme la Barbastelle, le Petit Rhinolophe et le Murin à oreilles échancrées, ainsi que des nombreuses espèces d’oiseaux : L’Echasse blanche, l’Avocette élégante, le pluvier doré, la spatule blanche, la barge à queue noire, le Canard Souchet, la Bécassine des marais, le Tadorne de Belon, la gorge bleue à miroir, le Busard des roseaux, le phragmite aquatique, le phragmite des joncs…

Partenaires locaux :

Sur plus de 420 hectares protégés par le Conservatoire du littoral, le Lido de l’Or (Petit et Grand Travers) est constitué de milieux naturels à fort intérêt écologique comme les cordons dunaires, les prés-salés ou les milieux forestiers qui appellent une attention particulière en matière de conservation de la biodiversité. Il fait à ce titre notamment partie du réseau européen de sites Natura 2000.

Entre les zones urbaines de La Grande Motte et Carnon, cet espace est particulièrement fragile, soumis à de fortes pressions d’origines naturelle et humaine. S’il subit les effets d’une forte érosion sur le Petit Travers, la fréquentation touristique tout au long de l’année contribue fortement à la dégradation de la bande côtière.

Après une longue concertation, le Petit Travers avait fait l’objet d’un projet de restauration écologique en 2014. Entre 2017 et 2022, le projet Life Adapto avait contribué à capitaliser et partager l’expérience de renaturation du Petit Travers et alimenter une vision prospective et transversale à moyen et long termes pour le Lido.

Aujourd’hui, l’ambition est d’amplifier le projet sur l’ensemble du Lido, en intégrant le Grand Travers. Ce projet devrait permettre de mieux maîtriser sur le long terme les usages multiples et la très importante fréquentation tout en améliorant les conditions d’accueil, de maintenir voire développer l’activité agricole, de mettre en place des solutions innovantes de gestion des plantations forestières avec l’Office National des Forêts, de connecter le site au réseau fluvial, et de restaurer et ouvrir au public une tour signal du 18e siècle inscrite aux Monuments Historiques. Dans ce contexte projet Life Adapto+ a vocation à apporter des outils d’aide à la décision pour alimenter le projet et anticiper l’actualisation des documents de gestion du site sous le prisme de l’adaptation au changement climatique.

Zoom sur le site

Localisation : Département de l’Hérault

Type de site : Dunaire méditerranéen / Pré-salé

Surface : 420 hectares

Particularité : coupure d’urbanisation historique entre deux stations balnéaires, sur une bande de sable (lido) qui sépare l’étang de l’Or (lagune) de la mer Méditerranée.

Principaux enjeux : Apporter des solutions de restauration écologique adaptées à la fois aux effets du changement climatique et à la sur fréquentation touristique

Faune et flore

Il est possible d’observer de nombreuses espèces d’oiseaux comme le Cochevis huppé, la Mésange bleue, le Pouillot véloce, le Rossignol, la Fauvette à tête noire et le Pic vert. Lors des migrations, des passereaux migrateurs sont également observés lors des haltes pour le repos. La flore est aussi extrêmement variée avec plus de 150 espèces, dont 21 sont considérées comme patrimoniales.

Propriété de l’Etat depuis la fin du 19ème siècle et actuellement sous gestion de l’Office National des forêts (ONF), le site de Luzéronde se situe au Nord-Ouest de l’île de Noirmoutier, et fait partie du réseau européen des sites Natura 2000.

Ce site est un « cas d’école » de dune littorale au contact d’un enrochement. Il s’agit d’un cordon dunaire qui protège de la submersion de vastes secteurs agricoles et aquacoles, et plusieurs zones urbanisées situés à l’Est (majoritairement des terrains privés). Ce rempart naturel présente une profondeur qui varie actuellement entre 80 mètres au nord du site et 20 mètres au sud ; zone en contact avec la digue du Devin. En cas de rupture lors d’évènements météorologiques majeurs, l’Ile de Noirmoutier serait fortement impactée.

L’ONF, en tant que propriétaire et gestionnaire de la partie dunaire, et la Communauté de Communes de l’Ile de Noirmoutier (CCIN) dans le cadre de la GEMAPI, travaillent conjointement depuis plusieurs années à la réduction du risque sur la partie sud du cordon dunaire.

Le projet Life Adapto+ a pour objectif de renforcer cette démarche précédemment initiée en améliorant la capacité de résilience de la dune via des actions de renforcement des échanges sédimentaires de pied de dune, et de recul du cordon dunaire (translation accompagnée). Ce projet repose sur l’expertise des structures partenaires (Cdl, BRGM, CEREMA, Observatoire de l’île de Noirmoutier, ONF) ainsi que sur une volonté commune aux acteurs du territoire (CCIN, communes, etc..) de valoriser les approches fondées sur la nature pour faire face aux effets du changement climatique. 

Les conclusions pourraient permettre de créer de nouveaux outils de gestion avec une portée nationale et européenne dans un type de configuration similaire.

Zoom sur le site

Localisation : Département de la Vendée

Type de site : Dunaire centre atlantique

Surface : 25 hectares

Particularité : Digue naturelle contre la submersion marine fragilisée par son emplacement au contact d’un ouvrage de défense contre la mer.

Principaux enjeux : Maintien de la robustesse de la barrière sableuse en contexte d’érosion marine afin de conserver son rôle protecteur face à la submersion marine.

Faune et flore

Il est possible d’observer l’Ammophila arenaria, le Cakile maritima, l’Euphorbia paralias, la Calystegia soldanella, l’Omphalodes du littoral, l’Eryngium maritimum, ainsi que le Pelobate cultripède (Pelobates cultripes), espèce de reptiles en danger en France métropolitaine.

Suite à une première expérimentation uniquement sur la frange littorale du marais de Brouage entre 2017 et 2022, le périmètre du site a été considérablement élargi et l’accompagnement des acteurs locaux se poursuivra avec Adapto+.

Situé dans l’ancien golfe de Saintonge, le marais de Brouage a été gagné peu à peu sur la mer ces derniers siècles par un envasement progressif lié aux alluvions de la Charente. Ces phénomènes ont été complétés par la présence humaine, qui l’a façonné et endigué pour l’exploitation de diverses activités évoluant au fil du temps : saliculture, ostréiculture, agriculture.

Le projet Life Adapto (de 2017 à 2022) a permis de penser collectivement plusieurs scénarios de gestion et d’évolution de la bande côtière, et leurs conséquences pour le devenir du site face au changement climatique. Pour cette deuxième étape, le projet Life Adapto+ aura un rôle à jouer dans l’accompagnement des acteurs du territoire, publics et socio-professionnels, pour le développement d’outils pour l’évolution de la profession agricole face au changement climatique, voire la relocalisation le cas échéant de certaines activités primaires (céréales, élevage, conchyliculture…). Le tout en pleine concertation avec les professionnels (agriculteurs, chambre d’agriculture, coopératives locales, Conchyliculteurs, Comité Régional de Conchyliculture).

Des études scientifiques pourront aussi compléter ces perspectives (impact physicochimique des submersions des terres agricoles sur les espaces naturels et les zones conchylicoles, étude de l’impact de l’élevage ovin dans des zones proches de la conchyliculture, etc…).

En parallèle des activités humaines, une partie du site dispose également d’un large panel de zones humides très riches et favorables à l’installation et au développement d’une biodiversité remarquable. Situé en plein cœur d’une voie migratoire, le marais de Brouage est en effet un site d’importance majeure pour l’hivernage, le refuge et la migration d’un grand nombre d’oiseaux d’eau.

Zoom sur le site

Localisation : Département de la Charente-Maritime

Type de site : Marais

Surface : 13 500 hectares

Particularité : Au cœur du site, on retrouve la Citadelle de Brouage, fondée en 1555, et premier port de la façade atlantique au 16è siècle

Principaux enjeux : Valorisation des pratiques favorisant la biodiversité, notamment pour les nombreuses espèces d’oiseaux

Faune et flore

Il est possible d’observer 270 espèces d’oiseaux, dont 69 nicheuses. Les espèces les plus répandues sont les oiseaux d’eau hivernants ou migrateurs en fonction des profondeurs et de la salinité. Outre les oiseaux, le site compte 10 espèces de poissons d’eau douce, 7 espèces d’amphibiens, (Rainette méridionale, Pélobate cultripède, Triton marbré) ainsi que 7 espèces de reptiles dont la Cistude d’Europe, la couleuvre verte et jaune et la couleuvre vipérine. 26 espèces de mammifères s’y reproduisent (La loutre d’Europe, la musaraigne aquatique) En avant des digues, la flore est constituée par des espèces classiques des slikkes (case nue) et schorres (prés-salés) atlantiques avec de vastes peuplements de spartines, salicornes, obiones et de soude.

Situé en frange littorale des marais de Brouage, entre la presqu’île de Marennes au sud et les coteaux de Moëze au nord, le marais de Moëze s’est formé au fil du temps, par l’envasement progressif du golfe de Saintonge par les alluvions de la Charente. Peu à peu transformé par l’Homme en marais salants, par creusement et endiguement, le marais d’aujourd’hui en garde la mémoire dans son paysage typique fait de bossis et de canaux. Après un abandon progressif des salines, les anciennes parcelles salicoles du cœur du marais s’envasèrent peu à peu pour être reconverties, à partir du XIXème siècle, en prés de fauche et en prairies pour l’élevage extensif, tandis que certaines de la zone littorale ont été recreusées et réutilisées pour l’ostréiculture. Certaines parties du marais ont, plus récemment, été drainées pour permettre la culture de céréales.

Ce site dispose d’un large panel de zones humides favorables à l’installation et au développement d’une remarquable biodiversité. Situé en plein cœur d’une voie migratoire et disposant de milieux propices, ce site est d’une importance majeure pour l’hivernage, le refuge et la migration d’un grand nombre d’oiseaux d’eau et il est occupée en partie depuis 1985 par la réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron.

Sur ce vaste marais fort d’un patrimoine historique, naturel et humain, la digue côtière est fragilisée par les aléas climatiques récurrents. Plusieurs scenarios de gestion et d’évolution du trait de côte sont à étudier pour le devenir du site.

Projet pour le site

La digue en terre située en bordure de mer sur le site de Moëze subit les assauts des vagues et de la houle de façon récurrente et pose ainsi des problèmes d’entretien fréquent. La rareté des matériaux nécessaires à ces travaux rend de plus en plus difficile le maintien à niveau de cet ouvrage. Plus au nord, un cordon dunaire fragilisé par l’érosion assure la défense à la mer. Dans ce contexte, le Conservatoire souhaite accompagner l’évolution de ce site, par une démarche concertée et partagée.  Pour cela, différents scénarii de gestion du trait de côte seront étudiés et analysés en fonction des enjeux locaux de paysage, biodiversité, économie et perception sociale. Cela permettra de fournir des éléments de réflexion, d’aide à la concertation et à la décision.

Zoom sur le site

Localisation : Charente-maritime (17)
Superficie : 1 800 ha
Création Réserve Naturelle Moëze-Oléron : 1985
Linéaire côtier : 10 km

Chronique de site

2016

  • Réalisation d’un diagnostic historique et paysager du marais de Brouage – ENSP.

2017  

  • Mars : Présentation du diagnostic paysager au Forum des Marais.
  • Mars à août : Réalisation d’un diagnostic agricole – Cdl /CA17.
  • Août : Présentation du diagnostic agricole aux Agriculteurs du marais.
  • Octobre : Signature Life adapto.

2018

  • Janvier : Lancement étude BRGM modélisant différents scénarii de gestion du trait de côte.
  • Mai : Comité technique – présentation de la construction du modèle hydrodynamique BRGM.
  • Septembre : Comité technique – présentation des premiers résultats de modélisation du BRGM.

2019

  • Février : Comité des maires de l’Entente des marais de Brouage – présentation des premiers scénarii de gestion du trait de côte.

Contact :

Conservatoire du littoral – Délégation Centre-Atlantique
Village multimédia Zola
10, rue Docteur Peltier
CS 50081
17302 Rochefort Cedex
Tél : 05 46 84 72 00
centre-atlantique@conservatoire-du-littoral.fr

Le site du Marquenterre, situé dans le périmètre de la Réserve Naturelle Nationale de la Baie de Somme, est un refuge ornithologique de renommée européenne qui attire chaque année en moyenne 170 000 visiteurs. Espace conquis sur la mer dans les années 1950 et autrefois utilisé pour la culture de tulipes et de jacinthes, il est aujourd’hui formé par des marais, des dunes, des prairies et des roselières.

Avec l’accélération des effets du réchauffement climatique, le site est aujourd’hui vulnérable à une montée des eaux, à des assèchements des zones humides et à une rupture de digue lors des tempêtes. La mise en œuvre de l’approche du projet Life Adapto+ permettra de faire émerger des réflexions et des outils d’aide à la décision dans une perspective d’évolution de la configuration et de la gestion de ce site à partir des solutions fondées sur la nature. Ces évolutions devront concilier les différents usages du site en harmonie dont les activités socio-économiques, les activités primaires comme la pêche à pied ainsi que le maintien de l’attractivité de cet espace naturel. Ces études contribueront au projet du « Grand Marquenterre » dont le but est d’étendre le rayonnement au-delà de ses limites actuelles avec un projet de maison du littoral qui améliorera les capacités d’accueil du public. 

Ce site appartient au Conservatoire du littoral depuis les années 1980 et géré par le Syndicat Mixte Baie de Somme-Grand Littoral Picard ; il fait partie du réseau européen de sites Natura 2000.

Zoom sur le site

Localisation : Département de la Somme

Type de site : Estuaire

Surface : 483 hectares

Particularité : Refuge pour des milliers d’oiseaux migrateurs avec forte fréquentation touristique

Principaux enjeux : Gestion du flux de visiteurs et de la pratique de la pêche à pied, protection des dunes et valorisation des pratiques favorisant la biodiversité, notamment pour les nombreuses espèces d’oiseaux migratoires.

Faune et flore

Il est possible d’observer plus de 300 espèces : Tadorne de belon, Spatule blanche, Avocette élégante, Gravelots sp. Huitrier pie, Sternes sp., Crapaud calamite, Rainette verte, Liparis de loesel, Elyme des sables…

Situé dans le Nord-Est du Cotentin entre Barfleur et Cherbourg, le Val-de-Saire est un site au paysage remarquable. Il se compose de pointes rocheuses, de plages avec des cordons dunaires à l’arrière desquels se trouvent marais, prairies humides et landes. A ce titre, les récifs et marais arrière-littoraux du Cap Lévi à la Pointe de Saire font partie du réseau européen de sites Natura 2000.

Le Conservatoire du littoral est un acteur majeur sur ce site depuis 1983, date de sa première acquisition foncière. Il est aujourd’hui propriétaire de plus de 530 ha au total. L’entretien et la surveillance de ses terrains est confiée au SyMEL (Syndicat Mixte des Espaces Littoraux de la Manche) qui assure la gestion, le suivi de la biodiversité et les relations avec les acteurs locaux, notamment les exploitants agricoles en arrière-pays via des conventions d’usage.

La partie littorale est fréquentée classiquement dans les endroits les plus accessibles pour des activités de loisirs (pêche à pied, randonnée, chasse, etc…), avec notamment le passage du sentier de grande randonnée 223 (GR 223). Celui-ci menacé par la forte érosion sur certains points de son linéaire.

Parmi les démarches concrètes, le projet consiste à accompagner les acteurs locaux dans la reconfiguration des usages en s’appuyant entre autres sur les réalisations mises en œuvre sur le site de Fréval (Fermanville) dans le contexte du recul du trait de côte (recul du sentier littoral notamment).

Zoom sur le site

Localisation : Département de la Manche

Type de site : Côte atlantique rocheuse / Marais arrières-littoraux

Surface : 1 245 hectares

Particularité : Site à la fois agricole et touristique grâce à ses sentiers côtiers

Principaux enjeux : Forte érosion, risque de submersion marine, de salinisation des terres agricoles à moyen et long termes.

Faune et flore

Le Val-de-Saire a un rôle fonctionnel important en halte migratoire, hivernale et en période de nidification pour de nombreuses espèces d’oiseaux d’eau emblématiques. On peut ainsi y observer le tadorne de Belon, l’avocette élégante, l’échasse blanche ainsi que trois espèces nicheuses de Gravelot, ce qui est remarquable au plan départemental. Les zones humides rétro-littorales accueillent également du triton crêté et les dunes, une plante patrimoniale : le chou marin.

Le site des Vieux Salins a été acquis par le Conservatoire du littoral en 2001. La surface protégée couvre 365 ha, ce qui en fait un espace naturel protégé majeur de la rade d’Hyères. Avec le Salin des Pesquiers, il est le témoin de l’ancienne activité salicole qui a représenté un pilier du développement local de la rade d’Hyères. La gouvernance du site est animée par le Conservatoire et ses partenaires (la communauté d’agglomération Toulon-Provence-Méditerranée (TPM), la commune d’Hyères et le Parc national de Port-Cros).

Le plan de gestion en cours organise une gestion hydraulique du site proche de l’ancien fonctionnement des salins, dans un but d’optimisation de la qualité écologique et ornithologique. Cependant, cette configuration est malmenée par plusieurs phénomènes dont notamment l’érosion du cordon dunaire au sud : recul du trait de côte, disparitions des pins d’Alep et des zones ombragées, affouillement de la plage, menaces sur des ouvrages hydrauliques du site.

Les enrochements présents sur une partie du site limitent l’érosion là où ils sont implantés, mais l’amplifient directement en aval du transit sédimentaire et perturbent le fonctionnement hydro-sédimentaire à l’échelle de la baie.

Des études menées par le BRGM et l’Université d’Aix-Marseille ont montré que cette zone humide littorale est un lieu favorable à la mise en œuvre d’actions de gestion adaptative du trait de côte et des espaces naturels telles que le désenrochement du trait de côte dans une perspective de renaturation.

Suite à une première phase de désenrochement sur 100 m à l’extrémité ouest de l’ouvrage, le gestionnaire TPM a lancé une étude pour la définition d’une stratégie de gestion du cordon littoral en 2017 (Artelia). Cette étude explore les solutions suivantes :

  • un scénario de protection (protection dure par des digues…),
  • un scénario d’accompagnement de l’évolution du site en fonction des aléas,
  • un scénario de renaturation du trait de côte avec rééquilibrage naturel,
  • un scénario de non action.

Le comité de pilotage a finalement retenu de combiner deux scenarios : « renaturation du trait de côte » et également « accompagnement de l’évolution du site par des opérations de génie écologique ».

Les travaux et le projet pour ce site s’intègrent dans deux projets européens : Marittimo (Interreg franco-italien 2017-2019) et adapto (2017–2021).

Projet pour le site

Le projet d’ensemble consiste à redonner une dynamique naturelle au système dune-plage faisant l’interface entre la mer et la zone humide. Pour cela il est prévu de retirer les enrochements puis de réajuster au fur et à mesure les aménagements et l’accueil du public en fonction de l’évolution du milieu.

Les actions adapto s’attacheront à organiser les suites des travaux structurants réalisés dans le cadre de Marittimo (suppression des enrochements).

Il s’agira d’assurer la continuité de la promenade littorale en cas d’intempérie par la création d’un sentier alternatif et de suivre l’évolution de l’écosystème lagunaire, dont l’herbier de posidonie qui frange la plage.

Plus généralement, le projet développera des actions en direction des usagers, la population et les élus afin de répondre à leurs interrogations et de préparer avec eux les évolutions futures.

Zoom sur le site

Localisation : Var (83)
Superficie : 365 ha

Chronique de site

Février 2019 : attribution du marché pour la réalisation du sentier piéton et du marché pour la réhabilitation du cordon dunaire et le désenrochement.

Avril 2019 : démarrage des travaux ; présentation de l’exposition sur le projet réalisée dans le cadre de l’action pédagogique par le CPIE Côte Provençale et visite de site avec une trentaine de participants.

Juillet 2019 : fin des travaux de création du sentier et de restauration du cordon dunaire.

Septembre 2019 :  attribution du marché pour le suivi des herbiers marins et démarrage de l’étude.

Octobre 2019 : fin des travaux de désenrochement sur 340m de linéaire côtier.

Avril 2020 : deuxième campagne de suivi des herbiers marins.

Août et Octobre 2020 : enquêtes de perception sociale auprès des usagers du site.

Octobre 2020 : prolongation du désenrochement sur un linéaire supplémentaire de 275m. Le littoral des Vieux Salins est ainsi renaturé sur plus de 600m.

Septembre 2020 : troisième campagne de suivi des herbiers marins.

Novembre 2020 : sorties de terrains pour 4 classes des écoles primaires d’Hyères : découverte des Vieux Salins et atelier de landart sur le thème de l’évolution naturelle et artificielle du trait de côte.

Septembre 2021 : quatrième campagne de suivi des herbiers marins.

Contact :

Conservatoire du littoral – Délégation Provence-Alpes-Côte d’Azur
3, rue Marcel-Arnaud
13100 Aix-en-Provence
Tél. : 04 42 91 64 10
paca@conservatoire-du-littoral.fr