Située sur la façade caribéenne de la Martinique, la baie de Fort-de-France est un territoire stratégique et dynamique, avec une dense urbanisation côtière.

Elle concentre environ 40% de la population martiniquaise ainsi que de grandes infrastructures commerciales et de transport, en particulier un port et un aéroport international, jouant ainsi un rôle central dans la vie économique, sociale et culturelle de l’île.

En plus d’un fort développement urbain, la baie de Fort-de-France présente d’importantes surfaces agricoles, notamment dédiées à la culture de la canne à sucre, mais également de vastes espaces naturels.

Cependant, en raison de sa faible élévation, une partie de ce territoire est aujourd’hui exposée à la submersion marine et les terres agricoles connaissent un phénomène de salinisation, mettant à mal le modèle agricole existant.

La mangrove de Fort-de-France, aussi appelée mangrove de Génipa, plus grande mangrove de Martinique, est un élément clé du territoire et joue un rôle crucial dans la protection des côtes et dans la préservation de la biodiversité, abritant ainsi plusieurs espèces végétales et animales endémiques de l’île, notamment plusieurs variétés de palétuviers et d’acajous.

La partie sud de la baie a été affectée au Conservatoire du Littoral en 2015 puis la partie nord en 2017.

Zoom sur le site

Localisation : Martinique

Type de site : Mangrove

Surface : 1 200 hectares

Particularité : La baie de Fort-de-France est un territoire riche en contrastes, alliant urbanisation, agriculture et enjeux environnementaux, tout en étant un point névralgique pour le développement économique de la Martinique.

Principaux enjeux : Les principaux enjeux du projet sur ce territoire concernent la mise en évidence des effets de la mangrove sur la submersion marine, sa valorisation ainsi que la sensibilisation des différents publics à l’intérêt que représente la préservation de cet écosystème précieux.

Faune et flore

Il est possible d’observer des espèces de palétuviers comme la Rhizophora mangle (palétuvier rouge), l’Avicennia germinans (palétuvier noir), la Laguncularia racemosa (palétuvier blanc) et le Conocarpus erectus (palétuvier gris). Des espèces végétales protégées : Oncidium ceboletta (orchidées), Ammania coccinea (Ammania écarlate), Zygia latifolia (Acacia Rivière). Deux espèces CITES (Convention sur le commerce international de faune et de flore sauvages menacées d’extinction : Swietenia macrophylla (Acajou du Honduras) et Swietenia mahagoni (Acajou des Antilles), ainsi que 153 espèces végétales d’arrière mangrove.

Partenaires locaux :

En Guyane, de grands bancs de vase se déplacent le long du littoral, de l’est vers l’ouest. Lorsqu’ils sont présents, ils dissipent la houle, protègent les côtes de l’érosion, des mangroves peuvent s’y développer. Lorsqu’ils sont absents, les vagues déferlent sur les plages, l’érosion est plus forte. Les côtes Guyanaises, de cette façon, sont hautement dynamiques et mouvantes.

Jusqu’au début des années 1980, le littoral de Mana était composé d’une mosaïque de milieux humides, et de mangroves en bord de mer. Cette zone, appelée « Savane Sarcelles », a alors été convertie en un grand polder à vocation rizicole de 5 000 ha, qui a engendré la création de nouveaux habitats humides ouverts et très riches en biodiversité.

Entre 2000 et 2016, en l’absence de banc de vase protecteur, la côte a reculé d’un kilomètre et demi.

A ces problèmes d’érosion, se sont ajoutés d’autres contraintes et difficultés qui ont précipité la fin du grand projet de développement rizicole du site : modifications réglementaires d’exploitation, changements de propriétaires et difficultés économiques diverses.

Cette déprise agricole a entrainé, une fermeture des habitats humide, moins riche en biodiversité.

Le polder de Mana est connu pour sa richesse ornithologique remarquable et unique à l’échelle de la Guyane. Il accueille, chaque année, des centaines de milliers d’oiseaux de plus de 200 espèces différentes. Parmi ceux-ci, les limicoles migrateurs représentent les effectifs les plus importants, et pour eux, la conservation de la capacité d’accueil du polder de Mana est un enjeu de conservation d’ordre mondial.

Conscient de ces enjeux, le Conservatoire développe une action de maîtrise foncière pour protéger cet espace et conserver sa richesse en mettant en place un projet de site se basant sur une utilisation agricole diversifiée, l’ouverture au public et une valorisation écotouristique basée sur l’observation des oiseaux.

Projet pour le site

Le programme adapto prévoit la mise en place de plusieurs études dont certaines sont indispensables à l’élaboration du plan de gestion du site. L’étude du BRGM visant à modéliser la projection du trait de côte à moyen terme, en est un exemple. Elle permettra de définir la limite à fixer entre la zone naturelle où une gestion souple de trait de côte sera expérimentée et la zone exploitée, et ainsi mettre en place une stratégie de gestion adaptée.

L’entretien des milieux ouverts par la présence de bovins couplé à la restauration du réseau hydraulique contribuera au maintien de zones humides favorables à l’avifaune. La richesse ornithologique des rizières leur confère un fort potentiel écotouristique. L’observation ornithologique ou « birdwatching », pourrait devenir à terme l’activité phare des anciennes rizières.

Chronique de site

2018

  • 5 juillet : acquisition foncière de 1 500 ha.
  • 3 septembre : obtention d’un droit de préemption sur une surface de 2 200 ha.
  • 14 septembre : 1er comité de pilotage pour la réalisation du plan de gestion, un groupement de quatre bureaux d’études est en charge de sa réalisation.
  • 17 octobre : le BRGM débute une étude visant à modéliser la projection du trait de côte à moyen terme (50 ans) et le risque de submersion marine sur le polder.
  • 19 novembre : début de l’étude paysagère en partenariat avec l’ENSP.
  • 28 novembre : 1er comité technique, le BRGM explique la vulnérabilité des rizières vis-à-vis de l’érosion et de la submersion marine.

2019

  • 11 au 16 mars : atelier EUCC-France en Guyane. Rencontre entre chercheurs, gestionnaires et élus afin d’échanger sur l’état des connaissances et les stratégies de gestion du littoral guyanais. Le projet Adapto sera présenté ainsi que les résultats de l’étude paysagère.
  • 13 au 17 mai : voyage d’étude en Camargue, les acteurs du territoire de Mana et les élus vont visiter des sites ayant les mêmes problématiques que la Savane Sarcelles.
  • Mai : résultats de l’étude BRGM sur laquelle les bureaux d’étude en charge du plan de gestion vont s’appuyer pour finaliser leur diagnostic.
  • Juin : 2nd comité de pilotage du plan de gestion, les bureaux d’études vont présenter les résultats de leur diagnostic
  • Atelier sur le thème de l’agriculture avec les acteurs du monde agricole et les porteurs de projet afin de discuter des conditions d’affectation et des besoins de chacun.
  • Juillet : début des travaux pour créer le premier accès public à la mer.
  • Septembre : mise en place d’actions pédagogiques dans les écoles primaires de Mana en partenariat avec l’Association de Découverte de la Nature en Guyane (ADNG).
  • Décembre : 3ème COPIL présentation de la définition du projet pour le site.

Contact :

Conservatoire du littoral – Délégation Guyane
1 impasse Fort Cépérou
97300 Cayenne
Tél. : 05 94 28 72 81
guyane@conservatoire-du-littoral.fr