Une quinzaine d’élèves éco-délégués du collège Georges Elisabeth de Rivière-Salée ont vécu, le 28 novembre dernier, une expérience hors du commun au cœur de la mangrove de Génipa, dans la Baie de Fort-de-France. Organisée dans le cadre des 50 ans du Conservatoire du littoral et du projet LIFE Adapto+ et accompagnée par plusieurs intervenants spécialisés, cette sortie pédagogique avait pour objectif de sensibiliser les jeunes à l’importance de cet écosystème unique, aujourd’hui menacé par l’urbanisation et par les eaux de ruissellement qui entrainent une baisse de la salinité .

Au départ du quartier Canal, sur la commune de Ducos, les collégiens ont exploré la mangrove à travers leurs cinq sens, grâce à une série d’ateliers thématiques.

Guidés par la géographe Yolie Théotiste, représentante de la Martinique au Parlement français de la jeunesse pour l’eau, les élèves ont d’abord participé à un atelier consacré à l’ouïe : grâce à des dispositifs d’amplification sonore, ils ont pu percevoir la richesse acoustique de la mangrove et de sa faune.

Leur parcours s’est ensuite poursuivi par un atelier autour de l’odorat, avec la découverte d’un parfum inspiré de la mangrove, co-créé par l’artiste martiniquais Jean-Marc Bullet, lauréat du concours Monde Nouveau.
La matinée a également été marquée par une dégustation de miel de palétuvier et de jus de génipa, un fruit emblématique qui a donné son nom à la mangrove du sud de la baie.

Un atelier tactile a permis aux collégiens de manipuler des éléments typiques de cet écosystème : branches, feuilles, pneumatophores, vase, graines, fleurs… mais aussi quelques déchets trouvés sur place, rappelant les pressions humaines subies par le milieu .

Enfin, un atelier dédié à la vue a conduit les élèves à écrire haïkus, slams et poèmes inspirés des paysages observés lors de leur balade en bateau.

Située au cœur de la façade caribéenne de la Martinique, la Baie de Fort-de-France est un territoire stratégique où se côtoient zones urbaines, infrastructures majeures, terres agricoles et espaces naturels. Elle concentre près de 40 % de la population martiniquaise ainsi qu’un port et un aéroport international.
Cet équilibre fragile est aujourd’hui menacé : faible élévation du territoire, risques de submersion marine, salinisation des terres agricoles et pression urbaine font de la mangrove un rempart naturel indispensable.

Avec ses 1 200 hectares, la mangrove de Génipa — la plus vaste de Martinique — joue un rôle écologique majeur : protection du littoral, captation du carbone, nurserie pour de nombreuses espèces, refuge pour une biodiversité endémique.

À l’issue de cette matinée immersive, les 15 éco-délégués de 6e à la 3e ont reçu un diplôme d’« ambassadeur de la mangrove », symbole de leur engagement pour la protection de cet écosystème précieux.
Cette action constitue l’un des volets de sensibilisation portés par le projet LIFE Adapto+, dont l’un des enjeux majeurs est de mieux comprendre le rôle des mangroves dans la résilience face aux risques littoraux et de promouvoir des solutions fondées sur la nature .