Face à l’accélération des impacts du changement climatique, comment les pays européens réinventent-ils la gestion de leurs côtes ? Découvrez en replay notre tout premier webinaire dédié aux approches européennes de gestion souple des littoraux :

Organisateurs : Conservatoire du littoral, via le Projet LIFE ADAPTO+ et la Délégation Europe et International (DEI).

Date de diffusion : le 18 septembre 2025, entre 15h et 17h (heure de Paris).

Face à l’accélération des impacts du changement climatique, comment les pays européens réinventent-ils la gestion de leurs littoraux ? Le projet LIFE Adapto+ vous invite à participer au premier d’une série de webinaires consacrés à l’applicabilité de la gestion souple en Europe. Cet événement réunira des experts et des représentants de différents projets autour des solutions fondées sur la nature (SfN) et des enjeux actuels de l’adaptation des zones côtières au changement climatique. L’événement, qui se déroulera en ligne le 18 septembre 205, de 15h à 17h (heure de Paris), bénéficiera d’une traduction simultanée Français ↔ Anglais afin de permettre la participation du plus grand nombre.

Programme

Présentation des projets LIFE Adapto et Adapto+ : Pauline Malterre, Conservatoire du littoral (France)

Présentations des approches européennes :

  • Catherine Childs, National Trust Cayman Islands (Grande-Bretagne) – La restauration des mangroves et leur potentiel de séquestration carbone,
  • Miquel Rafa, Fundació Catalunya La Pedrera (Espagne) – Les actions menées sur le Delta de l’Ebre
  • Patrick Meire, SIGMA Plan (Belgique) – Plan de gestion des littoraux belges,
  • Sierd de Vries, TU Delft (Netherlands) – Projet Zandmotor (rechargement de sable),
  • Isabelle Kisielewski, Conservatoire du littoral (France) – Les actions menées dans le cadre du LIFE Adapto+ sur le Delta de Leyre;

Présentation des définitions clés : Marie Cherchelay, Conservatoire du littoral (France)

Table-ronde et questions : Animée par Fabrice Bernard, Conservatoire du littoral (France)

Inscrivez-vous dès maintenant pour réserver votre place et recevoir le lien de connexion.

Les inscriptions sont ouvertes pour le webinaire « Comment adapter le littoral français face au changement climatique ? Les enseignements du Conservatoire du Littoral » organisé le mercredi 5 novembre 2025, de 12h à 13h, dans le cadre du programme « ALLCAN ».

À partir des enseignements des projets LIFE Adapto (2017-2022) et LIFE Adapto+ (2024-2029), l’événement explorera une question cruciale : comment repenser nos pratiques de gestion côtière face à la montée des eaux et aux effets du changement climatique ?

Le littoral, façonné par la mer, le vent et les fleuves, est par nature un espace en mouvement. Pourtant, digues, enrochements et autres aménagements ont souvent figé ces dynamiques naturelles.
Avec une élévation du niveau de la mer qui pourrait atteindre 1 mètre d’ici 2100, il devient urgent d’imaginer de nouvelles solutions.

Une alternative se dessine : la gestion souple de la bande côtière, qui consiste à accompagner les dynamiques naturelles plutôt qu’à les contraindre, en redonnant de l’espace aux écosystèmes et en favorisant l’adaptation plutôt que la résistance.

  • Adrien Privat, responsable de mission « Interface Terre-Mer » au Conservatoire du littoral
  • Pauline Malterre, coordinatrice du projet LIFE Adapto+ au Conservatoire du littoral

Pour vous inscrire au webinaire :

« Alliance for Climate Action Now ! » a pour but de fédérer les unités d’enseignement et de recherche de l’Université Paris-Saclay autour des défis associés aux transitions climatique et écologique, en mettant en place des formations et des recherches croisant les savoirs universitaires et technologiques.

Deux volets y sont en interaction : un diplôme universitaire multidisciplinaire visant plusieurs centaines d’étudiant·e·s à l’horizon de cinq ans ; un programme de recherche transdisciplinaire autour de l’atténuation du changement climatique et de la restauration de la biodiversité, la quantification et la réduction des vulnérabilités liées aux transitions climatique et écologique, et des études spécifiques aux zones périurbaines.

Comment repenser nos pratiques de gestion côtière face à la montée des eaux et aux effets du changement climatique ? Découvrez en replay le webinaire organisé par l’Université Paris-Saclay, diffusé le 5 novembre 2025, dans le cadre du programme « ALLCAN ». Au programme : les retours d’expérience du projet LIFE Adapto (2017-2022) et les nouveaux défis dans le cadre de la suite du projet LIFE Adapto+ (2024-2029) :

Le littoral, façonné par la mer, le vent et les fleuves, est par nature un espace en mouvement. Pourtant, digues, enrochements et autres aménagements ont souvent figé ces dynamiques naturelles.
Avec une élévation du niveau de la mer qui pourrait atteindre 1 mètre d’ici 2100, il devient urgent d’imaginer de nouvelles solutions.

Une alternative se dessine : la gestion souple de la bande côtière, qui consiste à accompagner les dynamiques naturelles plutôt qu’à les contraindre, en redonnant de l’espace aux écosystèmes  et en favorisant l’adaptation plutôt que la résistance.

  • Adrien Privat, responsable de mission « Interface Terre-Mer » au Conservatoire du littoral
  • Pauline Malterre, coordinatrice du projet LIFE Adapto+ au Conservatoire du littoral

« Alliance for Climate Action Now ! » a pour but de fédérer les unités d’enseignement et de recherche de l’Université Paris-Saclay autour des défis associés aux transitions climatique et écologique, en mettant en place des formations et des recherches croisant les savoirs universitaires et technologiques.

Deux volets y sont en interaction : un diplôme universitaire multidisciplinaire visant plusieurs centaines d’étudiant(e)s à l’horizon de cinq ans ; un programme de recherche transdisciplinaire autour de l’atténuation du changement climatique et de la restauration de la biodiversité , la quantification et la réduction des vulnérabilités liées aux transitions climatique et écologique, et des études spécifiques aux zones périurbaines.

Une quinzaine d’élèves éco-délégués du collège Georges Elisabeth de Rivière-Salée ont vécu, le 28 novembre dernier, une expérience hors du commun au cœur de la mangrove de Génipa, dans la Baie de Fort-de-France. Organisée dans le cadre des 50 ans du Conservatoire du littoral et du projet LIFE Adapto+ et accompagnée par plusieurs intervenants spécialisés, cette sortie pédagogique avait pour objectif de sensibiliser les jeunes à l’importance de cet écosystème unique, aujourd’hui menacé par l’urbanisation et par les eaux de ruissellement qui entrainent une baisse de la salinité.

Au départ du quartier Canal, sur la commune de Ducos, les collégiens ont exploré la mangrove à travers leurs cinq sens, grâce à une série d’ateliers thématiques.

Guidés par la géographe Yolie Théotiste, représentante de la Martinique au Parlement français de la jeunesse pour l’eau, les élèves ont d’abord participé à un atelier consacré à l’ouïe : grâce à des dispositifs d’amplification sonore, ils ont pu percevoir la richesse acoustique de la mangrove et de sa faune.

Leur parcours s’est ensuite poursuivi par un atelier autour de l’odorat, avec la découverte d’un parfum inspiré de la mangrove, co-créé par l’artiste martiniquais Jean-Marc Bullet, lauréat du concours Monde Nouveau.
La matinée a également été marquée par une dégustation de miel de palétuvier et de jus de génipa, un fruit emblématique qui a donné son nom à la mangrove du sud de la baie.

Un atelier tactile a permis aux collégiens de manipuler des éléments typiques de cet écosystème : branches, feuilles, pneumatophores, vase, graines, fleurs… mais aussi quelques déchets trouvés sur place, rappelant les pressions humaines subies par le milieu.

Enfin, un atelier dédié à la vue a conduit les élèves à écrire haïkus, slams et poèmes inspirés des paysages observés lors de leur balade en bateau.

Située au cœur de la façade caribéenne de la Martinique, la Baie de Fort-de-France est un territoire stratégique où se côtoient zones urbaines, infrastructures majeures, terres agricoles et espaces naturels. Elle concentre près de 40 % de la population martiniquaise ainsi qu’un port et un aéroport international.
Cet équilibre fragile est aujourd’hui menacé : faible élévation du territoire, risques de submersion marine, salinisation des terres agricoles et pression urbaine font de la mangrove un rempart naturel indispensable.

Avec ses 1 200 hectares, la mangrove de Génipa — la plus vaste de Martinique — joue un rôle écologique majeur : protection du littoral, captation du carbone, nurserie pour de nombreuses espèces, refuge pour une biodiversité endémique.

À l’issue de cette matinée immersive, les 15 éco-délégués de 6e à la 3e ont reçu un diplôme d’« ambassadeur de la mangrove », symbole de leur engagement pour la protection de cet écosystème précieux.
Cette action constitue l’un des volets de sensibilisation portés par le projet LIFE Adapto+, dont l’un des enjeux majeurs est de mieux comprendre le rôle des mangroves dans la résilience face aux risques littoraux et de promouvoir des solutions fondées sur la nature.

Dans le cadre du « Parcours littoral de demain : s’adapter avec la nature », série d’événements coorganisée entre les projets Life ARTISAN et Life Adapto+, de nouvelles visites de terrain sont proposées pour le deuxième semestre de 2025. Les Vieux Salins d’Hyères, en passant par l’Estuaire de Loire, la Normandie ou la Baie de Fort-de-France, ces visites sont destinées à partager la mise en application de la gestion souple pour faire face aux effets du changement climatique. Les inscriptions aux visites, ainsi que qu’au programme de webinaires sont gratuites, mais obligatoires. C’est par ici que cela se passe.

Les visites à venir sur des sites du LIFE Adapto+ :

En savoir plus sur les actions menées sur le site des Vieux Salins d’Hyères dans le cadre du Life Adapto (2017-2022).

En savoir plus sur les actions prévues sur le site de l’Estuaire de Loire dans le cadre du Life Adapto+ (2024-2029).

En savoir plus sur les actions prévues sur le site de Val-de-Saire dans le cadre du Life Adapto+ (2024-2029).

Pour consulter le programme complet :

  • Comprendre les vulnérabilités des territoires littoraux face au changement climatique, dans l’Hexagone et en Outre-mer.
  • Présenter les leviers d’action pour mettre en œuvre un projet de SfN en territoire littoral.
  • Illustrer le rôle des Solutions fondées sur la Nature (SfN) pour adapter ces territoires et accroître leur résilience face aux risques côtiers.
  • Valoriser des retours d’expériences concrets, alliant adaptation et préservation de la biodiversité.

Vous êtes élu, décideur, technicien ou chargé de mission impliqué dans les domaines de l’aménagement du territoire, la préservation de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique ? Ce parcours est fait pour vous !

Plongez au cœur des Solutions fondées sur la Nature en milieu littoral à travers différents regards et explorez leurs applications concrètes sur le terrain : Profitez de 1 à 2 visites régionales pour rencontrer des acteurs engagés, échanger sur leurs expériences et découvrir des projets inspirants directement sur site. Une occasion unique d’allier connaissances et pratiques pour mieux appréhender les défis et opportunités des solutions fondées sur la nature en milieu littoral !

REPLAY des webinaires précédents :

WEBINAIRE 1 : Les politiques publiques face aux risques littoraux : intégrer les Solutions fondées sur la Nature dans les stratégies de gestion du trait de côte

WEBINAIRE 2 : Les solutions fondées sur la nature pour l’adaptation au changement climatique : enjeux et spécificités en milieu littoral

Dans le cadre du « Parcours littoral de demain : s’adapter avec la nature », événement coorganisé par les projets LIFE ARTISAN et LIFE Adapto+, une série de webinaires et de visites de terrain sont organisés de juin à octobre 2025. Découvrez le replay des premiers webinaires :

WEBINAIRE 1 : Les solutions fondées sur la nature pour l’adaptation au changement climatique : enjeux et spécificités en milieu littoral

WEBINAIRE 2 : Les politiques publiques face aux risques littoraux : intégrer les Solutions fondées sur la Nature dans les stratégies de gestion du trait de côte

WEBINAIRE 3 : Les Solutions fondées sur la Nature en milieu littoral : repérer et mobiliser les financements disponibles

WEBINAIRE 4 : Les instruments juridiques et les stratégies foncières : leviers pour faciliter la mise en œuvre de Solutions fondées sur la Nature en milieu littoral

WEBINAIRE 5 : Les Solutions fondées sur la Nature dans les territoires d’Outre-mer : comment mieux adapter nos littoraux ultramarins ?

WEBINAIRE 6 : Comprendre, impliquer et agir : regards croisés pour la mise en œuvre des Solutions fondées sur la Nature sur le littoral

WEBINAIRE 7 : Solutions fondées sur la Nature : choisir la meilleure approche pour adapter son littoral aux risques côtiers

WEBINAIRE 8 : L’avenir des Solutions fondées sur la nature sur les littoraux : enseignements, solutions hybrides et perspectives

De nouvelles visites de terrain prévues avant la fin de l’année

De nouvelles visites de terrain sont proposées pour le deuxième semestre de 2025. Les Vieux Salins d’Hyères, en passant par l’Estuaire de Loire, la Normandie ou la Baie de Fort-de-France, ces visites sont destinées à partager la mise en application de la gestion souple pour faire face aux effets du changement climatique. Pour en savoir plus, c’est par ici.

Les inscriptions aux visites, ainsi que qu’au programme de webinaires sont gratuites, mais obligatoires. C’est par ici que cela se passe.

Le ministère de la Transition écologique a lancé la consultation publique sur le projet de Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC) 2025-2030, qui vise à renforcer l’adaptation des territoires littoraux face aux effets du changement climatique. La consultation est ouverte jusqu’au 23 septembre 2025 sur cette page.

Adoptée initialement en 2012 et actualisée en 2017, la SNGITC définit le cadre de référence pour la protection des milieux côtiers et la gestion intégrée des activités le long du littoral, en tenant compte du risque lié à l’évolution du trait de côte. La stratégie est élaborée par l’État en concertation avec les collectivités territoriales, le Conseil national de la mer et des littoraux, la communauté scientifique, les acteurs socio-économiques et les associations environnementales.

  • L’élaboration de cartes locales pour mieux visualiser les risques et les évolutions du littoral,
  • Le déploiement de solutions fondées sur la nature, comme la restauration de dunes ou de zones humides,
  • Le renforcement des connaissances et la mise en place de stratégies locales d’adaptation opérationnelles.

Dans le cadre du projet LIFE Adapto+, nous explorons la gestion souple et résiliente de la bande côtière. Cette consultation est l’occasion de faire entendre vos idées et de participer à la trajectoire d’adaptation de nos littoraux.

Pour consulter le projet de Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC) 2025-2030 :

La SNGITC repose sur la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC), qui projette un réchauffement moyen de +4°C en France d’ici à 2100. Elle s’articule avec d’autres plans nationaux, tels que le plan national d’adaptation au changement climatique, la stratégie nationale pour la mer et le littoral, la stratégie nationale biodiversité, ou encore la stratégie nationale de gestion du risque inondation.

Cette révision vise à renforcer la dimension intégrative de la politique de gestion du trait de côte, à encourager les territoires à définir des trajectoires d’adaptation à long terme, et à développer des solutions alternatives aux logiques défensives traditionnelles. Le projet de stratégie est structuré autour de 9 principes communs, 8 recommandations stratégiques et un plan d’actions 2025-2030 organisé en 5 axes.

La consultation publique permet à chacun de s’informer, réagir et contribuer à l’avenir des littoraux français, tant en France hexagonale, qu’en Outre-mer.

Revivez les tables rondes de la première journée de l’événement « Littoral en mouvement » à Saint-Nazaire (44) :

« Littoral en mouvement », qui a eu lieu les 13 et 14 mars 2025, a été l’occasion de dévoiler les 15 nouveaux sites pilotes du projet Life Adapto+, de réunir des experts, des techniciens et des élus autour de la table pour parler d’adaptation au changement climatique et d’échanger sur les solutions envisagées sur les sites de Corsept et de Lavau-sur-Loire face aux risques de submersion et d’érosion.

Le 8 octobre dernier, dans le cadre du parcours « Littoraux de demain : s’adapter avec la nature », organisé dans le cadre des LIFE ARTISAN (OFB) et Adapto+ (Conservatoire du littoral) quinze participants, se sont réunis dans le Val de Saire pour visiter deux sites, le marais de Tocqueboeuf et le marais de Vrasville, et échanger autour de la problématique de l’adaptation de l’agriculture littorale avec deux agriculteurs utilisant les parcelles du marais de Tocqueboeuf.

Le littoral du Val de Saire dans le nord Cotentin est soumis à une multiplication de phénomènes liés au changement climatique et à l’élévation de la mer : recul du trait de côte, intensification des franchissements du cordon dunaire par la mer, salinisation des nappes d’eau souterraines… et les espaces agricoles côtiers de ce secteur n’y échappent pas. Ce littoral est constitué d’une succession de marais arrière-littoraux d’eau douce protégés de la mer par un cordon dunaire plus ou moins large selon les portions et ces marais sont utilisés majoritairement pour l’agriculture (élevage bovin et équin). C’est un des secteurs de la Manche où l’érosion est la plus forte observée depuis 2014 avec des phénomènes de submersion de plus en plus importants.

Le premier site, le marais de Tocqueboeuf, appartient pour la majeure partie au Conservatoire du littoral et présente la configuration classique des marais arrière-littoraux du Val de Saire, avec une prairie humide d’eau douce protégée par le cordon dunaire. La gestion des niveaux d’eau y est contrôlée par un ouvrage hydraulique (appelé « nô », buse à clapet) et permettant à l’eau du marais de s’évacuer vers la mer. La gestion des terrains Conservatoire du littoral est assurée par le SyMEL qui met en place des conventions d’usage agricole avec les agriculteurs.

Les échanges ont permis d’aborder la question des niveaux d’eau qui est déterminante pour l’usage agricole des parcelles. Actuellement le site est de plus en plus confronté à un trop plein d’eau. Les parcelles sont utilisées pour le pâturage de jeunes bovins entre avril et novembre. Depuis quelques temps, les agriculteurs constatent que certaines parties plus basses deviennent inexploitables du fait qu’elles restent constamment humides (toit de la nappe phréatique affleurant). Ces zones abritent une flore caractéristique remarquable mais voient aussi se développer les joncs car ils sont peu appétents pour les animaux. A cela s’ajoute un afflux d’eau douce plus important qu’avant avec les pluies intenses, et le trop plein d’eau a du mal à s’évacuer malgré un ouvrage hydraulique fonctionnel, et régulièrement nettoyé par les services municipaux. L’élévation du toit de la nappe est à mettre en corrélation avec l’élévation du niveau marin. Un autre point d’inquiétude dans ce contexte est que sur d’autres sites, les ouvrages hydrauliques (les nô) qui passent sous les cordons dunaires sont déchaussés par la mer et dysfonctionnent, ce qui n’est pas encore le cas ici, l’ouvrage étant ancré sur la roche et ne passant pas sous la dune. Ce sont des zones qui « bougent » beaucoup et les essais de restauration ne sont pas toujours concluants. Le site par contre n’est pas soumis jusqu’à présent à la salinisation (submersion ou remontée du biseau salé). Ce contexte d’exploitation est plus difficile pour un des agriculteurs dont le marais représente 20 % de la surface de son exploitation, quand ce pourcentage est de 6 % pour le second. Cela n’a pas le même impact sur la vie de l’exploitation.

Sur cet espace préservé, plusieurs mesures sont mises en place pour accompagner les agriculteurs dans l’adaptation de leurs pratiques aux enjeux du site. Des MAEC (mesures agro-environnementales et climatiques) accompagnent financièrement la gestion extensive des milieux demandée aux agriculteurs afin de préserver les habitats et la biodiversité présents. Dans ce contexte de site qui évolue, le Conservatoire du littoral et le SyMEL proposent désormais des conventions d’usage agricole avec un cahier des charges adaptable qui essaie d’intégrer au mieux les enjeux des pratiques agricoles. Ainsi, celui-ci offre des choix à l’exploitant, en fonction des milieux et de leur évolution. Différents niveaux de barème de la redevance sont proposés suivant les pratiques choisies, ainsi que des exonérations partielles selon le temps réel possible d’usage de la parcelle (ex : parcelle ayant pu accueillir des animaux 1 année sur 3).

D’autres thèmes ont donné lieu à des échanges nourris lors de cette visite : la disponibilité du foncier agricole pour proposer des solutions de relocalisation de l’activité agricole, la réorientation vers d’autres productions posant alors la question des filières, l’usage en commun des terres agricoles du Conservatoire du littoral permettant de réduire les risques pour chaque exploitation…

Le second site, le marais de Vrasville, a donné à voir un espace où l’usage agricole a été abandonné en lien avec l’avancée du trait de côte. Une succession de fortes tempêtes entre 2016 et 2018 a fait reculer le cordon dunaire qui protégeait le marais utilisé par un agriculteur (pâturage par des bovins de race normande). Le plan de gestion du site prévoyait l’adaptation du site à ce recul du trait de côte. Il a donc été décidé de poursuivre l’exploitation agricole du site pour au moins 5 années encore et une nouvelle clôture a été reposée et reculée d’autant qu’avait avancé la dune. En 2017, cette clôture a à nouveau été ensevelie, mettant un point d’arrêt à l’usage agricole du site qui coïncidait avec le départ à la retraite de l’exploitant usager des parcelles. Aujourd’hui, le marais et la portion « pâturable » se sont encore réduits. Le pâturage est assuré en régie par les animaux appartenant au SyMEL (ânes). Le sentier du littoral a en partie disparu et la mer se rapproche alors un peu plus des parcelles de maraîchage en arrière du site.

Les questions qui se posent aujourd’hui dans le Val de Saire sont : quelles sont les parcelles qui ne pourront plus faire l’objet d’un usage agricole traditionnel, quel accompagnement des exploitants, quelle stratégie foncière sur l’arrière-littoral, quelle imbrication de ces réflexions dans le projet de territoire (PCAET, PAT) … Ce sont des travaux qui seront notamment portés dans le cadre du Life ADAPTO+ avec les différents partenaires.

Crédits des photos : Hélène Michaud

(Présents : Céline Leclerc (SyMEL), Morgan Grivaud, Isabelle Rauss (CDL), Gwendoline Gouchet (SMLN), Hélène Michaud (OFB DR Ndie), Régis Leymarie (CdL), Frédérique Debersée (ANBDD), Laurent De Pontfarcy (DDTM 50), Clément Nalin (CD 50), Manuela Laurent (AUCAME), Joséphine Debelle (DREAL Normandie), Victorine Swertvaegher (PNR MCB), M. Frigot (agriculteur), M. Houllegatte (agriculteur), Mathilde Cartery (SyMEL), Pierrick Lizot (SyMEL))